Comme dans tous les pays développés, la population risque de diminuer
en France au XXIe siècle, tout au moins de vieillir et de
s'urbaniser davantage. Mais, en l'état actuel des choses, ce phénomène,
quasi inéluctable, devrait intervenir plus lentement que dans les pays
voisins. |
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La densité moyenne –
107,4 h./km2 [1999] contre 75 avant la dernière guerre
–, très inégale, peut être considérée comme
faible à l'échelle de l'Europe occidentale. Beaucoup de régions
défavorisées par leur relief et leur enclavement connaissent une densité
inférieure à 20, et même à 10 dans les Alpes méridionales, les Pyrénées,
une partie du Massif central et quelques zones à l'est du Bassin
parisien. |
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La France est, en effet, un vieux pays dont l'unité s'est précocement
faite autour de Paris et du Bassin parisien, et cela jusqu'aux hautes
montagnes périphériques (Alpes et Pyrénées). Au nord et à l'est, si
toutefois on excepte l'Alsace, la frontière, qui n'est pas naturelle,
résulte des vicissitudes d'une longue histoire. Très tôt, le pouvoir
centralisateur de la monarchie, puis celui de la république, a doté le
pays d'excellents réseaux de circulation rayonnant autour de sa capitale:
routes royales, chemins de fer et lignes aériennes ont fortement contribué
à forger cette unité, tout comme l'organisation administrative en
départements, le service militaire et l'école primaire, service public
laïc gratuit et obligatoire. Depuis les années 1980, les gouvernements
successifs se sont engagés dans une double politique de régionalisation et
de décentralisation qui a quelque peu atténué cette centralisation
séculaire. |
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Deux mondes agricoles aux intérêts divergents coexistent aujourd'hui:
celui des petits et moyens exploitants, de moins en moins nombreux et en
moyenne plus âgés, qui forment le gros bataillon des «victimes» du Marché
commun agricole, et celui des grands exploitants, qui pratiquent une
agriculture spécialisée et fortement mécanisée. La population active
agricole se réduit à moins de 2 millions de personnes, à temps
complet ou partiel, tandis que les exploitations rentables ont
sensiblement diminué. Depuis un quart de siècle, les progrès techniques et
les nouvelles conceptions du rendement agricole et de l'élevage – avec une forte utilisation des engrais et la
sélection scientifique du bétail – ont favorisé
l'«agrobusiness», ensemble des activités agricoles en étroite relation
avec les industries alimentaires, elles-mêmes vouées aux exportations. Les
biotechnologies et le génie génétique accompagnent les productions. |
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Une nouvelle géographie se dessine à partir de cette révolution
agricole. Depuis 1951, l'État a pratiqué une politique de grands
aménagements régionaux, et notamment pour la basse plaine du Rhône, le
Languedoc, les coteaux de Gascogne et la plaine d'Aléria. Les céréales
sont devenues une importante richesse d'exportation. Les plaines et
plateaux du Bassin parisien (Beauce, Gâtinais, Brie, Valois, Soissonnais,
Picardie, Champagne sèche) sont propices à une agriculture associant les
céréales aux plantes industrielles, ou produisant des aliments pour le
bétail; la main-d'©«uvre y est réduite à un
employé pour 70 à 80 ha. Les exploitations, le plus souvent placées
en fermage, sont liées aux grands groupes agroalimentaires, comme en
témoignent les paysages de silos coopératifs et d'usines agroalimentaires
(sucreries, distilleries, féculeries). |
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Les régions de prairies permanentes et de cultures herbacées, dont
beaucoup sont en déclin, connaissent une faible productivité, si bien que
certaines sont en voie de dépeuplement: en général tous les massifs
anciens et les zones de basses plaines et de marais, où on compte jusqu'à
60 % de prairies permanentes et de friches (Bocage normand, Perche,
Bretagne intérieure, Limousin, Auvergne, Jura, Alpes du Nord). En
revanche, les pays d'embouche restent florissants, surtout lorsqu'ils
concernent des élevages spéculatifs (Bourgogne, Morvan, Basse-Normandie,
Jura occidental) placés en étroite liaison avec des abattoirs
industriels. |
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Comme celles de fer, les ressources en charbon s'épuisent. Les mines de
houille sont fermées dans le Nord-Pas-de-Calais et dans les bassins du
Massif central; seule la Lorraine, à proximité de la Sarre, a encore une
production importante (7,4 millions de tonnes), grâce à des veines
régulières et épaisses, où les réserves sont estimées à 300 millions
de tonnes. Ces gisements, comme ceux de Gardanne en Provence, sont
valorisés par les centrales thermiques. |
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Les entreprises françaises ont cherché à se décentraliser en réseaux
flexibles et en petites et moyennes unités. Les industries extractives et
celles de biens intermédiaires ont particulièrement souffert de la crise
pétrolière et de la concurrence des pays de l'Asie orientale, voire de
certaines régions du tiers-monde. Victimes de surcapacités et d'excédents
de main-d'©«uvre non qualifiée, elles ont dû
procéder à des licenciements massifs de leurs ouvriers, tandis qu'elles
renforçaient leurs effectifs en cadres, ingénieurs et techniciens.
Parallèlement s'effectuait l'automatisation de la production avec
l'électronique, l'informatique et la télématique. Des régions entières ont
été sinistrées: Nord, Lorraine, bassins industriels du Creusot, de
Saint-Étienne et d'Alès, région lyonnaise pour la chimie. |
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La SNCF, qui a concentré son trafic sur les lignes considérées comme
rentables, presque toutes électrifiées, a supprimé de nombreuses dessertes
secondaires, notamment celles à voie unique, contribuant ainsi à accélérer
l'exode rural vers les villes bien desservies. La société nationale – la première d'Europe pour les transports – a racheté des entreprises de transport routier et
dispose de filiales ainsi que d'un service de messageries (Sernam). |
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La connexion télématique et satellitaire conduit à déterritorialiser
l'espace de l'entreprise, et, par voie de conséquence, la France dispose
de nombreux réseaux d'échanges internationaux. Les grands groupes
industriels possèdent des usines de montage en Amérique, en Afrique et en
Asie du Sud-Est, tandis que des multinationales européennes, américaines
et japonaises, mais également coréennes, ont implanté des réseaux
commerciaux et des manufactures en France. |
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Les échanges financiers et de marchandises sont particulièrement
développés à proximité des villes et des États dont la fiscalité est
attractive (Genève, Bâle, Monaco), ainsi qu'avec le Benelux, l'Allemagne
et la Grande-Bretagne. La France est un grand exportateur de produits
agricoles – céréales, vins et alcools, fromages,
beurre –, d'avions (Airbus), de matériel
ferroviaire (TGV, métro) et d'automobiles: les groupes Renault et PSA
(Peugeot-Citroën) disposent de chaînes de montage dans de nombreux pays, y
compris dans les anciens pays socialistes de l'Est. |
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