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Culture et civilisation
Alors que les Français, à travers les brassages provoqués par les
immigrations successives, deviennent de plus en plus dissemblables et que
la montée des régionalismes bat en brèche, depuis une génération, l'idée
d'un modèle culturel national, le concept d'une «identité de la France»
est toujours au centre des travaux des historiens (c'est le sujet même de
l'©«uvre-testament de Fernand Braudel) et des
débats politiques suscités par l'élaboration de l'Union
européenne. |
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Les caractères de l'identité française
La «définition» du Français – pour employer
le terme dans l'acception qu'il possède dans le domaine de l'image
électronique – varie suivant les approches, les
unes plus générales (points de vue d'étrangers, visions d'écrivains,
panoramas de politologues), les autres, au contraire, se fragmentant en
une multiplicité d'études dues aux sociologues, aux psychologues ou aux
historiens du quotidien. |
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Qui est le Français?
Une chose est sûre, il n'y a pas de «Français moyen» – l'expression date de 1924 –, du moins au sens où les statisticiens s'efforcent
de tracer un portrait-robot de l'indigène de l'Hexagone, à partir de la
quantification de ses comportements économiques, sociaux et culturels. Il
paraît ainsi assez vain de prétendre cerner la réalité française en notant
que le Français type vit habituellement dans une ville de plus de 20 000 h., qu'il achète tous les jours son
pain et qu'il meurt à soixante-douze ans d'une maladie de c©«ur, ou encore que 52 % des Français possèdent un
animal domestique et que chaque année 40 % d'entre eux sont mordus
par leur chien ou leur chat favori. Il est tout aussi difficile d'assigner
au Français, dans la lignée des observations des philosophes et des
voyageurs des XVIIIe et XIXe siècles, des qualités
spécifiques (le Français est «léger», disait l'Encyclopédie de
Diderot; le Français, affirmait Chateaubriand, ne peut être que «guerrier
ou courtisan»). |
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Vu de l'extérieur, le Français apparaît sous deux visages
inconciliables: celui d'un homme cultivé, voire d'un intellectuel, qui ne
répugne pas au galimatias, malgré la fameuse rigueur cartésienne et la
clarté classique qui lui servent d'emblèmes; celui de l'homme au béret et
à la baguette de pain, accessoires obligés des studios hollywoodiens.
Cette silhouette ambiguë est confirmée par les trois ©«uvres françaises qui prennent place dans la liste des
trente ouvrages les plus traduits dans le monde: les Contes de
Perrault, les Voyages extraordinaires de Jules Verne,
Astérix. |
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L'identité française relève donc, si l'on peut dire, de stéréotypes
flous et dont la constitution est, de surcroît, fort récente. |
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Comme le remarque Theodore Zeldin (les Passions
françaises, 1978-1981), le patronyme national «Monsieur Dupont»
est loin d'être le plus répandu, le béret ne quitte que peu
avant 1930 son domaine pyrénéen pour coiffer les Français qui se sont
enthousiasmés pour les exploits en coupe Davis de Borotra, le «Basque
bondissant» (et cette mode ne dura pas vingt ans), la baguette n'apparaît
chez les boulangers, sous sa forme actuelle, que vers 1940. Cette
«France profonde» n'a donc pas pour elle l'épaisseur du temps. De même la
réputation traditionnelle du «chic» français repose sur moins d'une
vingtaine d'hommes et de femmes – les grands
couturiers –, qui habillent moins de 2 000 femmes dans le monde, alors que la France
est désormais le pays d'Europe qui consacre la plus petite part de son
budget à l'habillement. |
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De plus la culture française, bien que placée depuis 1958 sous
l'égide d'un ministère spécialisé, n'a rien gagné en homogénéité, bien au
contraire: le rapport du VIIe plan, dès 1976, prenait
acte de l'échec de l'élargissement de la «culture nationale». La culture,
telle qu'elle se révèle à travers les pratiques des Français, s'apparente
en réalité moins à un héritage et répond moins à un souci de distinction
qu'elle ne traduit une volonté d'affirmer une liberté et une expérience
personnelles. |
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Une culture enracinée
S'il est un terroir dans lequel le Français s'enracine, c'est sa
langue. Entendue aux deux sens du mot: moyen d'expression et organe du
goût. Les Français vouent un culte à leur langue, dont ils rappellent
volontiers la prééminence passée dans l'Europe des Lumières ou la
diplomatie de la Belle Époque, oubliant qu'au début du
XIXe siècle près de la moitié de la population était
incapable de soutenir une conversation en français: les patois n'ont
vraiment disparu qu'à partir des années 1930 (1931 est l'année où, pour la
première fois, la population urbaine équilibre la population rurale). Les
Français conçoivent leur langue comme un instrument universel et
intangible, alors que leur parler quotidien n'a plus rien à voir avec
Corneille, Racine ou Molière. Ils la pensent aussi comme un jardin
merveilleux qu'il faut enclore (nombreux sont les organismes
administratifs et culturels qui diffusent des mises en garde: «Dites... Ne
dites pas...») et défendre contre les intrusions des mauvaises herbes (les
emprunts, le franglais) et des promeneurs irrespectueux (les étrangers,
mais aussi les régionalismes). Le Français est tout aussi chatouilleux à
l'égard de sa cuisine (qu'il considère comme menacée par le hamburger et
la pizza), et s'il attache tant d'importance à la gastronomie (même si la
ménagère française ne consacre plus qu'une demi-heure par jour à la
préparation des repas, au four à micro-ondes et non dans des casseroles en
cuivre), c'est qu'il la parle et l'écrit: les chroniqueurs et les guides
gastronomiques font preuve d'une inventivité technique et langagière
toujours renouvelée. On touche là peut-être au caractère distinctif du
Français: «Comment gouverner un pays qui a plus de quatre cents fromages?»
s'exclamait le général de Gaulle. Passion de la variété, des nuances
(d'une étoffe, d'un maquillage, d'un sujet de discussion); acharnement à
ériger ses manies en maximes – qui débouche en
politique sur le sentiment que la France a une mission à accomplir:
libératrice avec la Révolution, colonisatrice avec la IIIe
République, humanitaire dans le monde traumatisé de la fin du
XXe siècle. Mais, si l'on en croit encore Th. Zeldin et
les phonologues britanniques, le trait qui distingue véritablement les
Français serait leurs mouvements faciaux quand ils parlent, les lèvres
arrondies par la prononciation des nombreuses voyelles et jetées en avant
pour l'articulation des consonnes. Façon toute objective de dire que, pour
un pays qui surestime la culture littéraire tout en sélectionnant ses
élites sur leurs seules capacités mathématiques, les Français ont toujours
accordé plus d'importance à leur manière de s'exprimer qu'à ce qu'ils
disent.
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La société française
La société française est celle d'une nation qui appartient au peloton
de tête des pays les plus développés, avec un niveau de vie parmi les plus
élevés au monde, mais aussi des spécificités inhérentes à sa situation
géographique, à sa culture, aux modes de vie et aux mentalités de ses
habitants. |
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Elle présente tout d'abord des caractères communs aux pays développés:
faible taux d'accroissement naturel (estimé à 0,4 % par an) [1997],
vieillissement, recul rapide et continu de la population rurale,
urbanisation croissante, augmentation du nombre des divorces et des
familles monoparentales ou éclatées, isolement des personnes âgées,
émancipation précoce des jeunes, pourcentage croissant de femmes exerçant
une activité hors de leur domicile. |
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Mais les spécificités ne sont pas moins nombreuses: ralentissement
précoce (dès le XVIIIe siècle) de la natalité,
industrialisation et urbanisation tardives – ce
qui explique le maintien jusqu'aux années 1960 d'une agriculture et d'une
population rurale importantes –, précocité de
l'unité nationale et atténuation des particularités régionales, extrême
centralisation des pouvoirs et omniprésence de l'État, faible émigration,
importantes migrations internes. |
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L'unité nationale s'est sans doute développée plus tôt et plus
intensément qu'ailleurs en raison de l'antériorité de l'unité territoriale
et politique. Réalisée bien avant la Révolution française, cette dernière
a été accentuée par trois facteurs principaux: le service militaire
obligatoire; la généralisation, à la fin du XIXe siècle, d'un
enseignement primaire public et gratuit; la constitution d'un dense réseau
de routes et de voies ferrées irriguant la totalité du territoire.
Autoroutes et TGV ont parachevé ce maillage. |
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Deux caractéristiques majeures marquent l'évolution du tissu social.
D'abord, la pérennité d'une haute et moyenne bourgeoisie, liée à la
législation et à la fiscalité sur l'héritage, ainsi qu'au système de
«reproduction sociale» que constituent certaines branches de
l'enseignement supérieur; c'est notamment le cas des grandes écoles, dont
la hiérarchie a peu évolué depuis la création de l'École nationale
d'administration (ENA) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Leurs
diplômés occupent les postes clés de la fonction publique et des grandes
entreprises du secteur privé. Les autodidactes sont finalement moins
nombreux en France que dans bien des pays neufs, comme les
États-Unis. |
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Ensuite, les ruraux ne constituent plus qu'une arrière-garde qui va
s'amenuisant. En 1900, plus de 40 % des Français travaillaient
dans l'agriculture et plus de 60 % de la population vivaient en
milieu rural: la France importait cependant des produits alimentaires (les
Français consommaient encore plus de 500 000 t de châtaignes par an, preuve et
symbole de la frugalité paysanne); en 1992, avec moins de 1 500 000 paysans,
elle est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et
agroalimentaires, après les États-Unis. Cependant, la surproduction et la
politique agricole de l'Union européenne incitent le paysan à ne plus être
seulement un producteur et à se transformer en un conservateur et un
gestionnaire de l'espace. Les pêcheurs ne sont pas mieux lotis: leurs
«jachères» (la limitation des zones et périodes de pêche autorisée) ne
sont pas subventionnées. |
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Le «quart monde» français
Comme dans tous les pays développés, il s'est constitué aussi en
France, surtout depuis la fin des «trente glorieuses» (1945-1975) et la
crise amorcée en 1974, un «quart monde» de marginaux de quelques
millions de personnes: chômeurs de longue durée, mal-logés, personnes sans
domicile fixe («SDF»), vieillards sans ressources, immigrants récents.
Pauvreté et exclusion, que symbolisent les compagnons d'Emmaüs de l'abbé
Pierre ou les Restaurants du c©«ur, frappent des
populations diverses, tant les «smicards» (de SMIC, salaire minimum
interprofessionnel de croissance), les «RMistes» (de RMI, revenu minimum
d'insertion), que des personnes totalement dénuées de ressources. Près de
550 000 personnes ont touché le RMI
en 1992 et plus de 1 million en 1996. Les «exclus» au sens
large, mal-logés et sans-abri, représentent 4 % de la population
française, et l'expression «îlot de pauvreté» est apparue dans la langue
courante. |
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Une terre d'accueil
Depuis le XIXe siècle, la population étrangère ou
d'origine étrangère est plus nombreuse en France que dans les autres vieux
pays d'Europe. Le développement de l'économie française, ses besoins en
main-d'©«uvre, une réputation de terre d'accueil
ont très tôt attiré les étrangers. Depuis les années 1970, l'immigration,
en provenance non plus d'Europe mais d'Afrique et d'Asie, pose parfois des
problèmes d'intégration: outre le chômage qui frappe souvent les nouveaux
venus, il peut apparaître que le modèle social et politique républicain et
laïc, élaboré pour des individus considérés comme égaux, soit mal adapté à
l'insertion de groupes ethniques ou religieux qui juxtaposent des
pratiques et des coutumes parfois fort éloignées des conceptions
européennes. |
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Le système éducatif
Près de 6,7 millions de jeunes élèves rejoignent chaque année les
bancs de la maternelle et de l'école primaire. De la sixième à la
terminale, c'est-à-dire jusqu'au baccalauréat, les écoliers sont un peu
moins nombreux (5,4 millions en 1993-1994). Parmi eux, 21 % sont
scolarisés dans un établissement privé. Si la proportion d'élèves
parvenant en terminale augmente constamment, alors que la population
scolaire du secondaire commence à baisser et que le taux de scolarisation
par âge augmente (à dix-sept ans, il était de 86 % en 1990, contre
73 % en 1988 et 56 % en 1980), seuls trois candidats sur quatre
obtiennent le baccalauréat chaque année. Même si cet examen a été quelque
peu «désacralisé» ces dernières années, ne serait-ce qu'en devenant un
argument politique (l'objectif des «80 %» de réussite prôné par le
gouvernement à la fin des années 1980), il reste une voie incontournable,
mais aussi maintenant minimale, vers l'accès aux études supérieures et à
la réussite professionnelle. Les branches d'enseignement général
(philosophie, économie, mathématiques, sciences) recueillent la faveur de
plus des deux tiers des candidats, les autres se dirigeant vers des
baccalauréats techniques ou appliqués (industrie, sciences médicosociales
notamment). |
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Le pourcentage de scolarisation des jeunes de 22 ans est monté à
15,4 % au début des années 1990, contre 10,2 % en 1980. Toutes
branches confondues, les étudiants de l'enseignement postsecondaire sont
au nombre de 1,7 million. Ils sont pour 66 % d'entre eux
inscrits dans une université, et pour 11 % dans les sections de
techniciens supérieurs (BTS). La seule académie de Paris rassemble
18,5 % des étudiants métropolitains, celles de Lille et de Lyon un
peu plus de 6 % chacune. En 1991, l'Éducation nationale – 20 % du budget de l'État – employait 1 068 000 personnes, dont 770 000 enseignants. Cette profession est féminisée
à 62,1 %. Mais la gestion d'un appareil aussi complexe génère aussi
nombre d'inégalités, en premier lieu à l'entrée des universités, où le
nombre et le type de places offertes ne correspondent pas au flot toujours
plus important des nouveaux bacheliers et à leur choix personnel; bien
évidemment, l'accès aux grandes écoles est plus limité encore. |
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À la fin des années 1980, 14 % des jeunes Français sortaient du
système éducatif sans aucune formation professionnelle, proportion
rigoureusement identique à celle des diplômés de l'enseignement supérieur
(au moins plus de deux années d'études après le «bac»). Pour cette
dernière population, le taux de chômage est beaucoup moins élevé après
trois mois passés dans la vie active. |
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Les médias
La vieille tradition pluraliste française en matière de médias se
vérifie plus par le nombre de journaux quotidiens (105) que par
l'importance de leurs tirages (11,1 millions d'exemplaires chaque
jour). Si l'hégémonie culturelle parisienne sur la province reste forte,
la presse parisienne n'a jamais retrouvé sa puissance d'avant 1940 et
elle laisse au journal régional Ouest-France le plus gros tirage
quotidien (790 000 exemplaires
en 1993), presque deux fois plus que le Figaro, deuxième
tirage français. Face aux autres grands journaux nationaux et parisiens
que sont le Monde, le Parisien, France-Soir, Libération et
l'Équipe, les grands titres de la presse régionale (la Voix du
Nord, Sud-Ouest, le Progrès, le Dauphiné libéré, la Nouvelle République du
Centre-Ouest, Nice-Matin, la Montagne, l'Est Républicain, la Dépêche du
Midi, etc.) dominent dans leur région respective. |
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Mais, de tous les médias, c'est la télévision qui rencontre de loin la
plus grande audience populaire; elle attire aussi davantage les
investisseurs, les publicitaires et les mécènes. Aux six chaînes captées
en France, dont la chaîne culturelle franco-allemande Arte, qui partage
son antenne avec la chaîne culturelle La Cinquième, s'ajoutent les
possibilités qu'offre le réseau câblé. |
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La santé
La société française bénéficie d'une protection
sociale qui est l'une des meilleures et des moins discriminatoires du
monde, notamment grâce à l'existence d'un système d'assurances sociales,
dont la création est antérieure à 1940. La protection a été améliorée
en 1945 avec la Sécurité sociale, englobant dès lors la maladie, la
vieillesse et les aides diverses aux familles. Ce système national,
toujours en déficit en raison du coût croissant des procédures et des
techniques médicales, et surtout d'une surconsommation de médicaments, a
pu cependant jusqu'à ce jour, et contrairement à son homologue
britannique, coexister avec la liberté de choix du praticien par le
patient et de la prescription médicale par le médecin. Cependant, le
déficit récurrent de la Sécurité sociale paralyse l'équilibre du budget et
apparaît telle une épée de Damoclès pour les gouvernements successifs.
Cette menace a d'ailleurs conduit le secrétaire d'État à la Santé, Bernard
Kouchner et le ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry, à
annoncer en juillet 1998, un ensemble de mesures destinées à réduire les
dépenses de santé, en mettant notamment à contribution les secteurs qui
n'auront pas tenu compte des objectifs précédemment fixés (laboratoires
pharmaceutiques, radiologues).
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Les religions
La déchristianisation et la décléricalisation, avec la séparation des
Églises et de l'État en 1905, ont été plus poussées que dans le reste
de l'Europe. La notion de laïcité est éminemment française, mais la morale
chrétienne imprègne encore fortement la morale «tout court». Si l'on tient
compte du nombre de baptêmes et d'enterrements religieux, les trois quarts
de la population adhèrent au catholicisme. Toutefois, la pratique
religieuse ne concerne pas plus de 20 % des Français; le catholicisme
est déchiré entre les intégristes et ceux qui se réclament de
Vatican II. L'islam, également parcouru par un courant
fondamentaliste, est devenu la deuxième religion du pays. |
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