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La maison
fermee
Mon Dieu qui m'avez conduit
a cette extremite du monde ou la terre n'est
plus qu'in peu de sable et ou le ciel que vous
avez fait n'est jamais derobe a mes yeux.
Ne permettez point que parmi
ce peuple barbare dont je n'entends point la
langue,
Je perde memoire de mes freres
qui sont tous les hommes, pareils a ma femme
et a mon enfant.
Si l'astronome, le coeur battant,
passe des nuits a l'equatorial,
Epiant avec la meme poignante
curiosite le visage de Mars qu'une coquette
qui etudie son miroir,
Combien plus ne doit pas etre
pour moi que la plus fameuse etoile
Votre enfant le plus humble
que vous fites a votre image?
Le misericorde n'est pas un
don mol de la chose qu'on a trop, elle est une
passion comme la science,
Elle est une decouverte comme
la science de votre visage au fond de ce coeur
que vous avez fait.
Si tous vos astres me sont
necessaires, combien davantage tous mes freres?
Vous ne m'avez pas donne de
pauvre a nourrir, ni de malade a panser,
Ni de pain a rompre, mais la
parole qui est recue plus completement que le
pain et l'eau, et l'ame soluble dans l'ame.
Faites que je la produise de
la meilleure substance de mon coeur comme uns
moisson qui va poussant de toutes parts ou il
y a de la terre(des epis jusqu'au millieu de
la route),
Et comme l'arbre dans une sainte
ignorance qui lui-meme n'attend pas gloire ou
gain de ses fruits mais qui donne ce qu'il peut.
Et que ce soient les hommes
qui le depouillent ou les oiseaux du ciel, cela
est bien.
Et chacun donne ce qu'il peut
; l'un le pain, et l'autre la semance du pain.
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