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Poeme a la mysterieuse

J'ai tant reve de toi que tu perds ta realite.

Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chere?

J'ai tant reve de toi que mes bras habitues en etreignant ton ombre a se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-etre.

Et que, devant l'apparence reelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des annees, je deviendrais une ombre sans doute.

O balances semtimentales.

J'ai tant reve de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'eveille. Je dors debout, le corps expose a toutes les apprences de la vie et de l'amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes levres que les premieres levres et le premier front venu.

J'ai tant reve de toi, tant marche, parle, couche avec ton fantome qu'il ne me reste plus peut-etre, et pourtant, qu'a etre fantome parmi les fantomes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se promene et se promenera allegrement sur le cadran solaire de ta vie.

 
   
 

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Demain

Age de cent mille ans, j'aurais encor la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gemir : Le matin est neuf, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons a la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumiere et le feu,
Mous parlons a voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite eteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous temoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses presents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au present.

 
   
  ·Îº£¸£ µ¥½º³ë½º ¸¦ ÂüÁ¶ÇϽʽÿÀ.  
     
   
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