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Il etait une
fois un paysan qui vivait dans uns grande misere.
"Je n'ai meme pas assez de terre pour cultiver
un seul plant de tomates", soupirait-il
sans cesse.
Nombreux etaient les jours ou le paysan, sa
femme et ses dix enfants ne mangeaient pas.
"Si je m'en vais, il y aura une bouche
de moins a nourrir", pensa le fils aine.
Resolu, il quitta sa famille. Il vagabonda par
monts et par vaux des jours durant.
Un jour, assoiffe, il s'arreta pres d'un puits.
Il y decouvrit une jolie jeune fille qui etait
en train de puiser de l'eau. "Mademoiselle,
puirriez-vous me donner a boire, s'il vous plait?"
La jeune fille lui tendit une puisette remplie
d'eau. Apres avoir bu, il rendit la puisette
a la jeune fille qui se mit a rougir timidement.
"Ou allez-vous donx?"
"Je ne vais nulle part. Je n'ai personne
qui m'attende. J'erre." La jeune fille
sourit timidement et, saisissant la mais du
garcon, s'enquit : "Cela ne vous plairait-il
pas de vivre sous mon toit?" "Comment?",
dit-il stupefait.
"Je n'ai pas de parents, je suis seule
au monde, et visiblement, vous etes dans la
meme situation que moi. Nous etions donc faits
pour nous rencontrer."
Le jeune homme fut rempli de joie. "Quel
bonheur! je vais epouser cette si jolie fille."
Il accepta et la suivit jusqu'a sa maison qui
se situait en plein coeur de la foret. C'etait
uen demeure magnifique. "Meme en reve,
je n'aurai jamais vu une aussi belle maison.
Et cette fois, c'est pour y vivre..."
Ils se marierent sans temoin, dans la plus stricte
intimite. Le mari vivait heureux et comble.
Jour apres jour, le bonheur s'installait toujours
un peu plus entre eux. Une annee s'ecoula. Un
jour, le mari confia a sa femme : "Ma bien-aimee,
j'ai envie de revoir mon pays natal et ma famille."
"Allez-y. Mais j'aurais quelque chose a
vous demander."
"Quoi donc?"
"Sur le chemin du retour, vous entendrez
une voix derriere vous. En aucun cas, il ne
faudra vous retourner."
"Ce n'est donc que cela."
"Oui, mais tachez de ne pas l'oublier."
"C'est entendu."
Il se rendit ainsi dans son pays natal. Lorsqu'il
arriva devant chez lui, il decouvrit avec stupefaction
une magnifique demeure a la place du taudis
ou il avait vecu. "Que s'est-il passe?
Il est probable qu'un riche seigneur a rachete
la terre et fait construire cette maison."
Il roda autour de la maison, il voulait savoir
ce qu'etait devenue sa famille. Il fut encore
plsu surpris lorsqu'il vit ses freres vetus
de beaux habits aller et venir dans la cour
interieure. Il se precipita vers eux.
"Mes freres, c'est moi. Que de changements
pendant mon absence!"
Ses freres l'accueillirent joyeusement et, ses
parents, a peine chausses, accoururent vers
lui.
"Enfin, te voila! C'est a ton epouse que
nous devons tout cela!"
"Vous connaissez me femme?"
"Evidemment! Elle nous a envoye beuacoup
d'argent et ecrit des lettres."
"C'est donc ca!", dit le fils aine
qui allait de surprise en surprise. Il fut profondement
emu par la generosite de sa femme. Constatant
que sa famille vivait heureuse, il n'avait donc
plus de soucis a se faire. Il fit donc ses adieux
et partit. Sur le chemin du retour, il entendit
une voix l'appeler. 'Ma femme m'avait bien recommande
de ne pas me retourner", se rappela-t-il.
Mais la voix mysterieuse se transforma en celle
de son pere. "Mon pere m'aurait-il suivi?"
et intrigue, il se retourna. Il vit alors un
vieillard avec une longue barbe qui s'appuyait
sur une canne.
"Tu t'es marie avec un serpent. Ta femme
est une serpent! ha! ha!" Le vieillard
tout en se moquant de lui, se volatilisa dans
les airs. Desempare, le jeune homme se mit a
reflechir. "Il est vrai que ma femme est
parfois etrange." Il se remit en route
et accelera le pas. Arrive devant chez lui,
il tambourina a la porte. Mais aucune reponse
ne lui parvint.
La maison etait plongee dans un terrible silence.
'Il doit certainement se passer quelque chose.'
Il troua la porte-fenetre en papier de murier
et regarda a l'interieure a la derobee. "Ah!",
s'ecria-t-il en voyant un serpent enroule sur
lui-meme, agitant une langue rouge-sang.
"Quelle horreur!" A ce moment-la leur
regard se croisa. Le serpent roula sur lui-meme
trois fois et se transforma en femme. Le mari
tremblait comme une feuille. "Vous ne m'avez
pas ecoutee. C'est vrai que je suis un serpent
et le vieillard que vous avez rencontre est
un tigre. Nous vivions dans le ciel. Mais ayant
commis des fautes, nous avons ete bannis et
obliges de redescendre vivre parmi les humains
sous la forme de serpent et de tigre."
"Pourquoi le vieillard m'a-t-il revele
que vous etiez un serpent?"
"Si vous me tuez, le vieillard restera
homme et pourra remonter au paradis. en revanche,
si c'est moi qui le tue, je vivrai heureuse
et je monterai au paradis. Maintenant que vous
savez tout, vous allez me tuer?"
Le mari, perplexe, reflechit un moment et dit
:
"Non, vous m'avez genereusement aide ainsi
que ma famille. Et puis nous sommes mari et
femme. Comment pourrais-je vous tuer?"
Le serpent fut enchante de sa reponse : "Je
vous remercie infiniment. Demain, je dois me
battre contre le tigre. Aidez-moi. Si je perds
le combat, je mourrai."
"Je vous aiderai", promit-il avec
ferveur.
Le lendemain, le mari et femme allerent a l'endroit
convenu avec le tigre.
Ce dernier l'attendait.
"Vous, allez-vous cacher derriere le rocher,"
dit la femme. Puis elle se transforma en serpent.
Le mari, tres inquit assista au combat entre
les deux animaux. Le tigre etait feroce et violent.
Au debut, le serpent semblait avoir le dessus,
mais progressivement il perdit ses forces,.
Le tigre voulut saisir le serpent avec ses dents
pointus. Alors le mari cria, "Tigre blanc!"
Le tigre regarda autour de lui pour voir d'ou
venait l'appel. Le serpent s'enroula alors autour
du cou de son adversaire et etrangla. Le mari
poussa un soupir de soulagement. Le serpent
tourna sur lui-meme trois fois et se transforma
a nouveau en femme. Elle se tint devant son
mari. "Je vous remercie sincerement de
m'avoir sauvee." Apres, ils eurent beaucoup
d'enfants et vecurent tres heureux pendant longtemps.
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