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  Stances

Au temps de ma jeunesse, harmonieuse Lyre,
Comme l'eau sous les fleurs, ainsi chantait ta voix.
Et maintenant, helas! c'est un sombre delire:
Les cordes en vibrant ensanglantent mes doigts.

Le calme ruisselet traverse de lumiere
Reflete les oiseaux et le ciel de l'ete
O Lyre, mais de l'eau qui va creusant la pierre
Au fond d'un antre moir, plus forte est la beaute.

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c'est d'un esprit sot ou c'est d'une a,e basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin;
C'est d'un mauvais courage et qui trop tot se lasse.

Riez comme au printemps s'agitent les rameaux.
Pleurez comme la bise ou le flot sur la greve,
Goutez tous les plaisirs et souffrez tous les maux;
Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un reve.

Par ce soir pluvieux, es-tu quelque presage,
Un secret avertissement,
O feuille qui me viens effleurer le visage
Avec ce doux fremissements?

L'automne t'a fletrie et voici que tu tombes.
Trop lourde d'une goutte d'eau:
Tu tombes sur mon front que courbent vers les tombes
Les jours amasses en fardeau.

Ah! passe avec le vent, melancolique feuille
Qui donnais ton ombre au jardin!
Le songe ou maintenant mon ame se recueille
Ouvre les portes du destin.

 
   
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