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Fantaisie
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart
et tout Weber,
Un air tres vieux, languissant
et funebre,
Qui pour moi seul a des
charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens
a l'entendre,
De deux cents ans mon
ame rajeunit:
C'est sous Louis treize;
et je crois voir s'etendre
Un coteau vert, que le
couchant jaunit,
Puis un chateau de brique a
coins de pierre,
Aux vitraux teints de
rougeatres couleurs,
Ceint de grands parcs,
avec une riviere
Baignant ses pieds, qui
coule entre des fleurs;
Puis une dame, a sa haute fenetre,
Blonde aux yeux noirs,
en ses habits anciens,
Que dans une autre existence
peut-etre,
J'ai deja vue... et dont
je me souviens!
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Vers dores
Eh quoi? tout est sensible!(Pythagore)
Homme! libre penseur-te crois-tu
seul pensant
Dans ce monde, ou la
vie eclate en toute chose?
Des forces que tu tiens
ta liberte dispose,
Mais de tous tes conseils
l'univers est absent.
Respecte dans la bete un esprit
agissant...
Chaque fleur est une
ame a la Nature eclose;
Un mystere d'amour dans
le metal repose:
Tout est sensible;-Et
tout sur ton etre est puissant!
Crains dans le mur aveugle
un regard qui t'epie:
A la matiere meme un
verbe est attache...
Ne la fais pas servir
a quelque usage impie.
Souvent dans l'etre obscur
habite un Dieu cache;
Et, comme un oeil naissant
couvert par ses paupieres,
Un pur esprit s'accroit
sous l'ecorce des pierres.
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